La MAISON de NICODEME
Association La Maison de Nicodème
Le Bois de la Roche 56430 MAURON
Nicodème : c'est un nom de nuit, de lenteur,
mais aussi de Victoire.


Il s'agit bien de celui‑là, notable établi et conscient de son savoir, qui pouvait parler d'égal à égal et s'y connaissait.

Mais une faille secrète le rendait en attente, en appel d'un visage, en requête d'une lumière. Et Celui‑là, sans toutefois détourner l'appel, de répondre : « Renaître ! » L'interrogation sans fin : comment renaître ? se déshabiller de tout pour advenir neuf et sauf ? Innocent. Qui le croirait ?

Le discours s'arrête net. (Jn.3, 42) Mais se poursuit en filigrane, le jour où juste en homme‑comme‑il‑faut, Nicodème se met à prendre la défense de l'accusé injustement.

Il est de ces colères contre l'injustice qui sont lourdes d'une Confiance déjà‑là.(Jn.7) Nicodème le même‑peureux‑questionneur est là, quand il n'y a plus personne (Jn.19) Sa Foi à Lui se signe de l'audace de réclamer le corps, de le recevoir, de l'honorer, de ces trente kilos de parfum qu'il apporte comme si de rien n'était. Comme « quoi de plus normal ! » C'est dans Ce geste qu'il reçoit la Victoire que son nom habite déjà.

Nike. Peuple victorieux.

Voilà pas mal d'années que nous habite cette figure majeure
de la foi‑qui‑se‑dit‑par‑les‑actes,
de la foi‑qui‑met‑du‑temps à dire ce qu'elle vise,
de la foi‑qui‑questionne encore et qui finalement signe dans son nom de Peuple Victorieux
l'attestation de la confiance.
Dans le Petit Pauvre.
Connivence des itinéraires !
Parce qu'on a un faible pour les passe‑frontières.
Parce qu'il y a longtemps qu'on sait que la foi a mille formes sauvages.
Parce que la question, la révolte, la colère en sont déjà des formes.
Parce que les gestes en disent bien plus long
Parce que mine de rien, incognito, la foi tisse sa toile de couleur Sans crier gare.

C'est là qu'on s'est posé : la Maison de Nicodème.

Un chantier. Dans un Village frontière de Brocéliande près... du tatoueur celte, du peintre bouddhiste, de l'auteur de polars, et du centre naturiste.
En plein coeur d'un Village normal. Où sonne encore l'Angélus. Comme un lieu qui se veut « rencontres, échanges aux frontières, élaborations de projets « café‑livres » lieu d'expos, dialogue de la culture et de la foi, actes. Lieu de livres comme du pain qui nourrit. Lieu de marches infinies comme parabole de la foi. Lieu de constructions, parce que le faire précède souvent le croire.
Ce n'est pas fini. C'est un peu « primaire », mais ça creuse l'en‑vie.

C'est un chantier de pierre et de mots. Cela veut être un chantier de l'amitié. On y a déjà beaucoup donné. On en sait tous les possibles. Tout n'est pas encore dit.

Un jour, il y a presque dix ans,
un ange‑clochard « bien‑éméché » celui‑là ! a glissé un billet,
à un moment où personne ne demandait vraiment rien.
Cinquante francs qu'il disait
pour la Renaissance du Bois de la Roche.
Comment ne pas y croire ?